Escrime Japonaise de Spectacle

C’est quoi ?

C’est une pratique dont le but est la création et l’étude de chorégraphies narratives.

L’objectif est de profiter (et d’acquérir pour les élèves) de notre expérience dans les écoles de sabre japonais  “réalistes” pour développer des “spectacles” ou vidéos présentant de façon “romancée” nos disciplines. Le cousinage avec les clubs d’escrime européenne de spectacle ou les Jedi Academy est évident.  La différence se situe dans une approche “japonisante” de la pratique.

Une vidéo de la troupe japonaise Toei Tsurugikai, des professionnel de l’EJS.

Pour qui ?

L’escrime de spectacle est une discipline artistique et sportive ouverte à tous (sauf contre-indication médicale).

Concernant notre section, nous jouerons des scènes de combats dans un univers de japon médiéval (ou d’inspiration). Cela inclut les scènes de bataille des films dits “Chanbara” ou “Ken Geki”, les films de sabre japonais.

Citons  « Les Sept Samouraïs, « Après la pluie », « Yojimbo », « Baby Cart », « Zatoichi » et tant d’autres, mais également des scènes d’anime, de jeux vidéo ou d’oeuvre littéraires et bien sûr la création de spectacles originaux.

Pourquoi ?

Le plus important pour une activité de loisir est le plaisir. Sans plaisir, pas d’intérêt et sans intérêt, aucune raison de poursuivre une activité. Il n’y a pas de médailles ou de diplômes à gagner et peu de chance d’en faire une carrière professionnelle. 

Notre but étant de créer un groupe amical de pratiquants passionnés et d’essayer d’inscrire cela dans la durée.

L’escrime de spectacle correspond à l’adaptation contemporaine et encadrée du plus vieux et puissant jeu éducatif du règne mammifère.

La “bagarre pour de faux” est l’activité préférée de nombreux animaux, de beaucoup d’enfants et d’adultes qui la maquillent sous de faux semblants plus complexes…  Assumons les bienfaits des activités ludiques pour tous les âges.

Mais ce n’est pas tout, on retrouve dans l’escrime de spectacle une autre activité humaine ancestrale, le “storytelling” ou l’art de raconter une histoire (et ses médias cousins tels que le théâtre et le cinéma, entre autre). Et la liberté d’aller au delà de la réalité qui est indéniablement source de plaisir. Le jeu d’acteur permet d’explorer notre personnalité et d’extérioriser certaines émotions parfois trop lissées par la société.

Dernier point : la créativité. Nous ne formons pas un groupe de pantins savants, mais bien un groupe d’individus créatifs et s’exprimant.

Le lien avec les arts martiaux ?

Et s’il était formateur de faire sérieusement semblant ? Concernant l’apport de ce genre de discipline aux arts martiaux, et ce même malgré toute la fantaisie que l’on peut trouver dans les enchaînements chorégraphiés, il y a une réelle utilité à cette pratique.

On assiste souvent à des démonstrations (d’Aïkido et de Iaïdo entre autre) dans lesquelles la pratique est tellement abstraite qu’il est extrêmement difficile pour le spectateur de se projeter. Au mieux, l’on pourra se dire que c’est “Joli ! » ou “Cool !”, mais rarement “Je veux faire ça !” ou “J’aimerais être comme cet homme !”. Notre société gratifie énormément les titres, grades, ou victoires en compétition. Or, ces disciplines visent un autre registre. L’Aïkido et le Iaïdo ont une volonté altruiste proche des philosophies zen et bouddhiste, dans lesquelles l’objectif est de tendre vers la simplicité, le dépouillement et la paix. Il n’y est pas question d’entretenir des rapports de dominance et de capitalisation.

Une piste pour renouer avec le public jeune ?

La perte d’investissement dans nos pratiques est évidente et elles peinent à séduire les jeunes. D’une part, les sports de combat violents sont en pleine expansion et d’autre part (et nous tendons vers ce coté), les escrimes de spectacles, Jedi Academy, jeux de rôle et autres GN (Grandeur Nature, sorte de jeu de rôle en extérieur) sont en train d’exploser. Les fans du Japon sont de plus en plus nombreux et la culture geek est admise comme étant devenue populaire. La culture de l’image est puissante chez les jeunes et la question de la représentation sur l’espace public virtuel est devenue centrale.

L’escrime de spectacle est une discipline purement artistique. Elle permet de concilier la démarche et la philosophie des budos avec ce besoin de s’exprimer en tant qu’individu et de se représenter au groupe. Les “arts” martiaux n’ont d’artistique que le nom s’ils n’intègrent pas une capacité à transcender la violence et le conformisme “martial”. Cette discipline est à la croisée de nos deux domaines d’expertise, l’Art et le Budo.

L’intérêt pour les budoka ?

On parle souvent de la visualisation comme méthode de progression. En matière de self défense, cela permet d’établir un contexte précis et réaliste, on peut notamment inclure un environnement autre que le dojo, ainsi que tous les signes et attitudes avant-coureurs d’une agression, y compris l’intimidation. Les mises en situation sont de véritables scénarii inspirés par la réalité. Un ( ou plusieurs ) partenaire(s) y joue(nt) le rôle d’agresseur. L’escrime de spectacle et l’acting qui y participent permettent au pratiquant de travailler ce registre. Jouer les émotions du conflit permet de les identifier, de les apprivoiser et de les simuler (simulation dont l’intérêt est plus que pertinent en conflit.) La confrontation même simulée est une expérience qui compte énormément pour le budoka et offre l’avantage d’être parfaitement sécurisée.

Si l’escrime de spectacle est partiellement composée d’études de chorégraphies existantes, il est aussi et surtout question d’en créer de nouvelles. Ces créations se basent sur les techniques (réalistes) des pratiquants et leur créativité. L’élaboration et le perfectionnement de ces enchaînements réclament un investissement dans l’instant fort et une attention particulière au partenaire. Une grande vigilance ainsi qu’une lecture de ses intentions permettent une harmonisation à son mouvement. Sans oublier bien sur une dextérité toujours plus grande et un effort physique à accorder avec le projet chorégraphique. Ces compétences comptent beaucoup pour les budoka et les ateliers d’EJS offrent à chacun le choix de ce qu’il veut travailler.

Si le réalisme vous importe, jouez à fond le réalisme !

C’est sérieux ?

La critique facile serait de dire qu’il s’agit de “jouer” aux Samouraïs vs Ninjas, mais un peu d’honnêteté intellectuelle fera admettre que c’est un peu le cas de tous les arts martiaux traditionnels. Non, nous (budoka) ne sommes pas, ni de près ni de loin, des Japonais de la caste des guerriers de la période Meiji (au mieux certains budoka sont Japonais), nous n’avons pas spécialement besoin d’apprendre à nous défendre avec ce genre de techniques et l’entretien physique peut prendre mille et une autres formes. Il faut reconnaître l’intérêt de préserver la tradition et la culture des arts martiaux japonais. Ce travail de conservation est important, mais n’est pas spécialement du ressort des occidentaux en recherche d’une activité de loisir.

Pour l’escrime de spectacle, il s’agit simplement d’admettre le charme de l’exotisme du Japon, de projeter son imaginaire, de s’enrichir humainement en découvrant une culture radicalement différente de la nôtre et d’y ajouter un programme d’amélioration physique et mentale. Ce n’est pas rien mais ne nous fourvoyions pas. L’important est de faire la part des choses, les cours d’écoles traditionnelles sont voués à la diffusion de ces écoles de façon précise et les cours de spectacle sont voués aux spectateurs et aux acteurs.

Mais encore ?

L’EJS s’inscrit dans les problématiques de notre société contemporaine. Notre sommes noyés sous l’information, principalement sous forme d’image, en permanence sollicités et sans outils pour analyser ce que l’on voit. De plus, la construction de notre alter-ego virtuel se fait souvent sans aucune éducation sur le fonctionnement d’Internet et des réseaux sociaux, ni sur la place et l’importance que cet avatar virtuel doit prendre dans notre vie. A tel point que les déséquilibres entre vie réelle et vie virtuelle peuvent nuire au quotidien.

A travers l’apprentissage de la construction de nombreux alter-ego voués à la représentation en public virtuel ou réel, nous développons un regard plus précis sur l’image, sa vérité, son pouvoir mais aussi ses limites, et les distances que l’on doit prendre avec. Cela passe par l’acquisition de compétences dans le domaine de l’image (et donc une capacité à lire avec un esprit plus critique) et un questionnement sur les tenants et aboutissants de ces productions.

Les personnes passionnées d’images (photos, vidéos, créations, …) trouveront aussi matière à progresser dans nos ateliers.

Pour aller plus loin, des ateliers de création de décors et costume est à envisager pour enrichir les choses. Concrètement, il s’agirait alors de monter un projet, de court-métrage par exemple, réunissant plusieurs disciplines (décors, costumes, écriture, captation, pratique des budo, et acting).

 

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Vous voulez en savoir plus ?

Déroulement d’un cours type.

Le matériel que nous utilisons.

Les rôles d’une troupe d’escrime de spectacle .

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